SUR LES ROUTES Ce que j’ai retenu de mon expatriation 23 octobre 2017

Si vous me suivez sur YouTube, vous êtes sûrement tombés sur la vidéo où je vous dévoile 15 petites anecdotes. Autrement, vous avez sans doute déjà jeté un oeil à l’onglet à propos de ce blog. Si c’est le cas, vous savez déjà probablement que j’ai passé les 10 premières années de ma vie à l’étranger. Et plus particulièrement sur le continent africain. Une expatriation que je crois avoir plutôt bien vécue.

Je suis passée de bébé à jeune fille loin de la France. J’ai grandi et appris mes premiers mots loin d’ici. Quand je suis rentrée en France, j’étais partagée entre la furieuse envie de retourner immédiatement au soleil, la peur des personnes blanches de peau, et le confort de vie que l’on pouvait trouver sur le continent. Car oui, vivre en France n’a pas que des défauts, et croyez moi, ça j’ai mis longtemps avant de m’en apercevoir. Mais je crois que je reviendrais rapidement sur ce point dans un autre article.

Au fond de moi, je crois que j’en voulais à ma mère de m’arracher de tous les repères que je m’étais construit. Car oui, être une fille d’expatriée blanche en Afrique, il ne faut pas se leurrer, ça permet plusieurs avantages. Déjà, j’étais on ne peut plus chouchoutée. Ma mère me laissant seule la journée avec ma nounou sénégalaise, j’étais donc le bébé de tout le monde. Chaque femme me prenait dans les bras sans avoir peur de la réaction de mes parents. Parfois même, je partais des journées entières, seule, au milieu de tous ces gens qui ne me connaissaient pas mais qui me surveillaient encore plus que ma propre mère (ou qui me gâtaient de beignets à la banane, mais ça c’est un secret !).

J’ai appris beaucoup de choses à leur côté. Déjà, j’ai appris que c’est à Gorrée que l’on pouvait manger les meilleurs beignets à la banane. J’ai appris à reconnaitre l’odeur du poisson sécher. A tresser des cheveux. J’ai appris à faire grandir mon imagination et à rester loin de la technologie moderne. J’ai appris que croire aux sorcières pouvait parfois être rassurant et que les éviter était aussi une chose à faire.

En Afrique, j’ai appris à me laver dans la mer ou dans des rivières. J’ai appris à toucher des reptiles et à être émerveillée par un caméléon. A dormir à la belle étoile. J’ai appris que parfois, une bouteille d’eau pouvait être plus utile qu’une simple hydratation. Aussi, j’ai appris à construire des toupies avec des noyaux de litchi.

En grandissant en Afrique, j’ai appris que seuls les occidentaux faisait une différence entre les couleurs de peau. Parce qu’ici, on apprenait le sénégalais ou la malgache, comme vous appreniez l’anglais. On apprenait les rois, comme ici vous appreniez l’histoire de France. Parce que les enfants sont le meilleur exemple d’amitié. J’ai appris à grimper sur des cocotiers et à préparer un thé à la menthe. A faire de l’eau dans le désert et à me protéger du chaud. J’ai appris qu’un tissu foncé pouvait créer un environnement plus frais qu’un tissu clair.

En 10 ans d’expatriation, je me rappelle d’énormément d’anecdotes et de faits que je ne pourrais jamais réaliser aujourd’hui. Car oui. J’ai dormi sur une île déserte, j’ai fais mon Koh-lanta à moi, sans caméra. J’ai appris à compter, à chanter. La bas j’ai appris la tolérance. J’ai surtout constaté que deux religions pouvaient cohabiter dans le même quartier en s’aidant mutuellement.

En 10 ans d’expatriation, on a vécu des guerres civiles, mais on a surtout vu des populations grandir et vouloir s’en sortir comme jamais on ne pourra le voir ici. J’ai vu la pauvreté, mais j’ai vu la générosité. Pendant quelques mois, je me suis beaucoup questionnée sur ma condition. Ma condition de petite fille d’expatriée, à l’arrière d’une voiture pour aller à l’école alors que lui, petit fils d’agriculteur était déjà en train de faire la queue pour remplir son bidon d’eau douce.

Durant toutes ces années, j’ai été on ne peut plus émerveillée par ce monde où les gens se redressent et donne même ce qu’ils n’ont pas. J’ai été épatée de pouvoir manger des produits du marché chaque jours. Et aujourd’hui, je suis heureuse de pouvoir dire que j’y ai vécu. Chacune d’entre nous a déménagé, et vit maintenant au 4 coins du monde. Je suis heureuse de pouvoir penser que je connais une personne dans presque chaque pays (d’ailleurs si vous avez envie de m’envoyer une carte postale typique d’un paysage où vous êtes : je prends !) .

J’ai été heureuse de pouvoir grandir avec toutes ces influences culturelles dans un environnement de générosité. J’ai été heureuse de pouvoir retracer mon histoire, leur histoire, notre histoire. De poser le pied sur la route de Mermoz. De découvrir un bâtiment colonial réhabilité par ceux qui voulaient s’en sortir.

Alors non, tous n’y est pas rose, mais je crois que je n’aurais pas pu espérer être une meilleure personne sans avoir vécu cette expérience. Aujourd’hui, je crois avoir la prétention de dire que je suis heureuse d’être à la fois de culture française mais pas que. Je suis heureuse d’avoir eu la chance de grandir dans un monde aux multiples facettes.

Ces 10 ans d’expatriation m’ont surtout appris une chose. Je n’ai qu’une envie : repartir.

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2 Comments

  • Paillette posted on octobre 23, 2017 at 8:51

    Coucou,
    J’ai beaucoup aimé ton article ! Quelle chance ! Et quelle richesse !
    Merci pour ça, ça fait du bien de lire de telles choses !
    Douce soirée ✨

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    • Et si Welinty posted on octobre 24, 2017 at 11:44

      Je suis heureuse que cet article t’ai plu ! Je dois bien avouer, qu’il était un peu intime à publier mais c’est toujours un plaisir de pouvoir partager tout ça.
      Merci pour tous tes petits mots tellement agréables !

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