UNE CARESSE Qu’est-ce qui m’attend pour ce dernier semestre ? 4 mars 2017

Il y a des périodes de sa vie où l’on rêve tous d’avoir une machine à accélérer le temps pour sauter cette étape. Cette période, je suis en pleins dedans. Je rêve de pouvoir sauter cette période. Je suis en pleins questionnement sur moi même, sur mes actes. En tant qu’étudiant, on nous demande d’appliquer, de se questionner, de questionner aussi, de réfléchir et de proposer. On nous demande d’avoir un regard critique, nous qui passons un peu partout, qui pouvons voir d’autres choses. Sauf que, paradoxalement à ça, dès que l’on souhaite dire quelque chose, on se fait allumer.

Pardonnez ce mot, mais c’est littéralement ce qu’il se passe. Théoriquement on doit faire tout ça, mais sur le terrain, il faut se taire, se taire et appliquer, même si cela va contre nos principes. Je suis étudiante infirmière et aujourd’hui, je suis partagée entre tout faire pour faire plaisir aux infirmières et valider mon stage ou passer du temps avec un patient. Ma vision des choses peut sembler archaïque, mais à mon sens, en tant que patient, je suis affligée par une infirmière qui ne passe que 5 minutes avec mes angoisses. Même 5 minutes bien investies. A mon sens, on ne peut pas laisser un patient pleurer. A mon sens, même s’il s’arrête de pleurer, il faut s’assurer qu’il va bien et ne pas partir de suite. Comment voulez-vous faire tout ceci en 5 minutes, sachant qu’en même temps vous distribuez des traitements, vous faites un soin ou que sais-je encore. Maintenant, rares sont les moments où seuls le soins relationnels à sa place.

Tout ceci me rend triste, tout ceci me donne l’impression d’être prise au piège. On me répète sans cesse depuis deux ans que je suis obligée d’aller au bout. Mais finalement, qu’est-ce que j’ai gagné ? Vais-je vraiment avoir mon diplôme ? Ressentirais-je de la fierté de l’avoir ? Pour tout vous avouer je ne pense pas. A force d’avancer à reculons, je ressens du mépris pour ma profession. Je n’ai envie de rien. Je veux juste que ça se termine vite. Comme si je mangeais un morceau de fromage sans gout.

Alors, finalement, qu’est-ce que j’attends de ce dernier semestre ?

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4 Comments

  • Flavour Beans posted on mars 6, 2017 at 1:11

    J’espère du coup que tu ne verras pas les deniers temps passer et que tu en auras vite fini avec tout 🙁 . En tout cas c’est fou de se dire (bon à un an près pour moi) qu’on est bientôt sur le marché du travail !

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    • Et si Welinty posted on mars 6, 2017 at 5:59

      9a passe tellement vite, tu imagines, il ne me reste que 5 semaines de cours. 5 seulement : 5 !! Je suis partagée entre angoisse et excitation !

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  • Eva - A la française, toujours chic posted on mars 11, 2017 at 12:25

    Tu vas y arriver ! Tu es fabuleuse et je suis sûre que tu es une infirmière extraordinaire ! Les patients ont bien de la chance de t’avoir !
    De l’humanité et de la compassion ça ne fait pas de mal.
    Je te souhaite plein de courage, je t’envoie toutes mes ondes positives et je vais prendre des nouvelles régulièrement pour savoir comment tout cela se déroule !

    Des bisous Sarah ♡

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    • Et si Welinty posted on mars 12, 2017 at 6:02

      Le relationnel avec les patients c’est tellement prenant. On crée des liens avec eux, ils nous confient des choses, c’est complètement magique. Mais malheureusement, on est bouffé littéralement bouffé par l’administratif et la violence. Il y a des jours où on n’ pas le temps. Soit on ignore les pleurs d’angoisse de ce Monsieur en soins palliatifs, soit on fini sa journée à 23h et on met sa vie entre parenthèse. C’est dur et il n’y a pas de limite que nos limites.

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